Le vignoble de CUNAC

La viticulture tarnaise a été implantée par les Romains mais son développement commence au X ème siècle sous l’influence des bénédictins de Gaillac. Le noyau de CUNAC est rattaché de longue date au vignoble gaillacois.

UN PEU D’HISTOIRE
L’extension du vignoble de CUNAC remonterait à l’époque des Templiers, au XIème siècle. Les « clarets » de CUNAC étaient alors expédiés par voie fluviale, via le Tarn et la Garonne jusque vers le Nord de la France, l’Angleterre et la Belgique. Leur renommée fut consacrée par François Ier puis par Richelieu qui, dit-on, en fit son vin de messe. Un peu plus près de nous, Lapérouse lui aurait fait faire le tour du monde. Le déclin du vignoble fut précipité à la fin du XIXème siècle par les attaques du phylloxera (puceron de vigne) qui devait détruire la quasi-totalité des vignes françaises. Sa reconstitution fut entreprise dès le début du XXème siècle de manière précipitée et désordonnée. L’arrivée des plants hybrides, très productifs et peu exigeants, perturba le marché viticole (avec notamment la grande crise de 1907). Jusqu’au milieu du XXème siècle, les viticulteurs de CUNAC écoulaient individuellement leur production. Les vins, de qualité inégale, trouvaient de nombreux acquéreurs-des particuliers-dans le département voisin de l’Aveyron. Dans les années 1950, quelques producteurs s’organisent et font appel à la Cave Coopérative de Labastide-de-Lévis pour les aider à écouler leur produit et en améliorer la qualité. C’est ainsi qu’en 1956 est fondée la cave annexe de Labastide-de-Lévis, en bordure de la Route de Millau, symbole de la volonté des viticulteurs de faire vivre et prospérer le vignoble de CUNAC. Le vin rouge de CUNAC est le plus ancien vin rouge du Tarn. Pendant près de 50 ans, au cours du XXème siècle, il a été le seul VDQS (Vin Délimité de Qualité Supérieure) du département (le Gaillacois était alors spécialisé dans les vins blancs et mousseux). Au vu de la qualité des vins tels que le cunac et les rosés des côtes du Tarn, l’INAO (Institut National des Appelations d’Origine) autorisa la région à revendiquer l’appelation contrôlée (label AOC)
L’AIRE DE PRODUCTION ET LES EVOLUTIONS RECENTES
Autrefois présente sur la plupart des communes du canton de Villefranche d’Albigeois ainsi que quelques communes limitrophes, ce n’est que vers la fin des années 1970 que la vigne a commencé son recul, d’abord sur la partie haute du canton puis, au fil des cessations d’activité, sur toutes les communes. Ainsi, en 2004, seulement 101 hectares de vigne subsistent (il y en avait encore 333 en 1987 !) répartis sur les communes suivantes :
CUNAC 59 ha BELLEGARDE 20 ha CAMBON 9 ha FREJAIROLLES 9 ha MOUZIEYS-TEULET 4 ha
Ces 101 ha sont cultivés par 20 viticulteurs (dont 8 sur la commune de CUNAC) adhérents à la cave coopérative de Labastide-de-Lévis et livrant la totalité de leur récolte à la cave de CUNAC. Petit à petit, l’abandon des vieux cépages bordelais, mérille, jurançon et carignon a laissé la place à 2 cépages dominants : le gamay et le duras. Depuis la fin des années 1990, la législation stipule de ne plus mentionner le nom de CUNAC sur les étiquettes ; en effet, seule l’appelation (Gaillac) et le nom du producteur (Cave Coopérative de Labastide de Lévis) sont autorisés.
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Les patus de CUNAC

Qu’est-ce qu’un « pàtus » ?
Le mot « pàtus » remonte à « pactu » (latin) signifiant « contrat ». Les sens « terrain inculte, chemin, cour » sont attestés à « pati » et « patu » dès le Moyen Age.
Les « pàtus » pouvaient servir d’aire de dépiquage (battage des céréales) ou de lieux de pacage pour le bétail. Sur un « pàtus », il y avait souvent un puits, une fontaine, un lavoir, une mare ou un four à pain collectifs, dont jouissaient les riverains. Le « pàtus » du hameau et ses maisons étaient entourés d’une couronne de petits jardins ou vergers. Au-delà s’étendaient les champs et les vignes.
 Font del Puech : ancien « pàtus », il y a environ 10 ans.
Les « pàtus » de l’Albigeois
En Languedoc, au XVIIIème siècle, un « pàtus » est une aire en terre battue qui sert de place publique dans le village et qui est la propriété de la communauté. La notion de « pàtus » est courante dans tout l’Albigeois pour désigner un terrain qui appartient à l’ensemble des habitants d’un hameau. Ceux-ci sont déclarés propriétaires indivis sur les matrices cadastrales.
L’entretien d’un « pàtus » incombe aux riverains. Lorsque les habitants d’un hameau sollicitent le rattachement de la parcelle constituant le « pàtus » au domaine public communal, la commune en assume alors l’entretien et procède à l’amélioration de la voirie ainsi qu’à l’aménagement du nouvel espace public.
Les « pàtus » de Cunac
Actuellement, trois emplacements de la commune portent encore le nom de « pàtus » :
- Patus de Lanel - Patus de la Pontésié - Patus du Vialar
Les « pàtus » de Lanel et de la Pontésié sont toujours d’authentiques « pàtus », ainsi que l’emplacement au centre d’Artigues, où se trouve une meule de dépiquage, symbole d’une des anciennes utilisations de ce « pàtus ».
Le « pàtus » du Vialar a été rattaché au domaine public communal dans les années 1980, à la demande des habitants du hameau. Ceux-ci ont souhaité lui conserver son nom, afin de garder la mémoire de son ancien statut.
A la Font del Puech, jusqu’en 1996, se trouvait aussi un « pàtus », dont témoigne un beau puits en galets, possédant encore son arbre et sa chaîne enroulée dessus.
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Noms des lieux-dits de CUNAC

Les toponymes portent tout le passé d’un lieu, de ses habitants et de ceux qui les ont créés. Leur forme a été forgée par l’histoire et l’évolution linguistique : ceux de CUNAC sont empreint du passé médiéval de la commune et de ses racines occitanes.
Les noms des lieux-dits ou des terroirs de Cunac ont été fixés par le cadastre de 1835. Dans le Midi, certains remontent au XI ème siècle. Avant le cadastre, ces noms étaient oraux donc déformés au fil du temps à la retranscription de carte. Ils sont liés à l’histoire ancienne (droits féodaux, mesures agraires) mais surtout à la topographie, aux noms d’anciens propriétaires, à des sobriquets, à des cultures, arbres, plantes ou animaux. La langue occitane y a laissé ses marques.
« Tel un patrimoine en péril, la toponymie mérite d’être sauvegardée et portée à la connaissance de tous. Elle est un pan de notre culture, au même titre que la langue occitane. » B.et J.J. FENIE (1997)
L’étude des noms de lieux-dits , comme celle des noms de personnes, ne se fonde pas seulement sur l’étymologie des noms communs des différents dictionnaires (français, occitan, patois local). Pour un nom donné, elle fait aussi appel aux enseignements de la linguistique générale, de la généalogie, de l’archéologie, de la phonétique historique, de la graphie, de la sémantique, de l’histoire et de l’ethnologie. C’est une science à part entière, appelée onomastique.
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Regards sur l'architecture traditionnelle de Cunac
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